En visite dans le pays, Patrice Motsepe, le président de la Confédération africaine de football, a confirmé le maintien de la compétition malgré « l’énorme défi » du Covid-19.
Le Monde avec AFP
Publié le 22 décembre 2021 à 09h14

Le ballon rond africain maintient le cap : malgré des rumeurs insistantes de report ou d’annulation en raison du Covid-19, la Confédération africaine de football (CAF) a confirmé que la Coupe d’Afrique des nations (CAN) se tiendrait bel et bien au Cameroun du 9 janvier au 6 février. « Le 9 janvier, je viendrai voir [le match d’ouverture] entre le Cameroun et le Burkina Faso », a déclaré devant la presse, mardi 21 décembre, le Sud-Africain Patrice Motsepe, président de la CAF, après une rencontre avec le chef de l’Etat camerounais. « Ravi d’avoir échangé nos points de vue avec Patrice Motsepe », n’a pas tardé à twitter Paul Biya, 88 ans dont trente-neuf ans au pouvoir.
Le variant « Omicron est un énorme défi », a toutefois souligné M. Motsepe, qui a assuré que « personne ne sera admis dans les stades sans un test PCR », alors que les organisateurs avaient déjà annoncé l’obligation de vaccin et de test pour accéder aux stades. Le président de la CAF a également assuré être au courant de la prolifération des « faux tests », mais que l’organisation « traitait ces problèmes ». M. Motsepe a fait une déclaration devant la presse au côté du nouveau président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto’o, ex-international des Lions indomptables. « Je serai également là quand le trophée sera remis par Eto’o » à la fin de la compétition, a poursuivi M. Motsepe.

Sur la question du retard dans les infrastructures, sujet de mécontentement de la CAF, le président de l’instance africaine de football a assuré que « du très bon travail a été fait ». La principale préoccupation de la CAF concernait les abords du nouveau stade d’Olembé, à Yaoundé, l’une des cinq enceintes où doivent se tenir les rencontres. Le coup d’envoi de la 33e édition de la CAN sera donc donné le 9 janvier dans cette arène qui peut accueillir quelque 60 000 personnes.

Un conflit meurtrier dans les régions anglophones
Des matchs de la compétition se dérouleront également dans les régions anglophones du pays, en proie à un conflit meurtrier depuis plusieurs années entre des séparatistes et l’armée. Les autorités camerounaises « devraient s’abstenir d’organiser des matchs dans des régions où elles ne peuvent pas assurer la sécurité des joueurs et des fans », a écrit mardi l’ONG Human Rights Watch dans un communiqué, demandant également à Yaoundé de « mettre en place des mesures additionnelles pour éviter la propagation du Covid-19 ».

La semaine dernière, l’Association européenne des clubs (ECA) avait menacé de ne pas libérer les joueurs internationaux pour la CAN, s’inquiétant du protocole sanitaire de l’épreuve sur fond de pandémie. En réponse, le gouvernement et la CAF avaient dévoilé jeudi le cadre sanitaire de l’épreuve, basé sur les tests et les vaccins. Mais l’ECA pointait surtout le risque d’une absence des internationaux plus longue que la période de mise à disposition prévue, en raison des « quarantaines et restrictions de déplacement » liées notamment à l’émergence du variant Omicron.

Ces derniers jours, les rumeurs autour d’une éventuelle annulation ou d’un nouveau report du tournoi, qui accueillera 24 équipes du continent, se faisaient de plus en plus insistantes. En 2014 à Addis-Abeba, le Cameroun avait été désigné pays hôte de la CAN 2019. En janvier 2019, la CAF avait estimé que le pays n’était pas prêt pour accueillir la compétition et en avait attribué l’organisation à l’Egypte. La CAN devait finalement se tenir au Cameroun en 2021 mais avait été repoussée d’un an en raison de l’épidémie liée au coronavirus.
D’après un député d’opposition, plus de 3 000 milliards de francs CFA (4,5 milliards d’euros) auraient déjà été consentis dans l’organisation de l’événement, un chiffre que le gouvernement n’a pas confirmé.
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