Des observateurs soutiennent que Assimi Goïta et son équipe tentent de gagner du temps pour rester plus au pouvoir, pour des raisons inavouées peut-être.

BWT  |   Modeste Dossou  |   Publication 13/12/202Les chefs d’Etat des pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) se sont réunis dimanche et ont maintenu leur position en ce qui concerne leur exigence au Mali, d’organiser des élections en février prochain.

Une décision qui paraît plutôt mal pensée et non avantageuse pour le Mali.

« Les chefs d’Etat, après de longs échanges, ont décidé de maintenir la date du 27 février 2022 pour l’organisation des élections au Mali.

Ils ont décidé de l’entrée en vigueur de sanctions additionnelles en janvier 2022 », au cas où les autorités de transition au Mali ne maintiendraient pas cette date pour tenir les élections.

Cette décision a été prise dimanche alors que les autorités maliennes avaient déjà prévenues qu’il ne pourrait y avoir des élections au Mali sans la résolution du problème sécuritaire.

Dans les faits, on peut comprendre la position de la CEDEAO vue que les autorités de la transition au Mali ne semblent pas aussi très pressées pour résoudre les problèmes du pays en matière de sécurité.

Des observateurs soutiennent que Assimi Goïta et son équipe tentent de gagner du temps pour rester plus au pouvoir, pour des raisons inavouées peut-être.

Aussi, le fait de traîner dans la mise en œuvre des réformes politiques ne laisse pas croire à une bonne foi de leur part.

Manque de cohérence

Cependant, la CEDEAO aussi n’est pas très cohérente dans ses positions et ses décisions qui frisent un peu le suivisme par rapport à une certaine « communauté internationale » représentée par un certain pays occidental.

Sinon, comment comprendre que cette organisation qui est censée être mise en place pour « les peuples », ne tienne réellement pas compte de l’avis de ces peuples.

Les maliens ne semblent pas être contre la prolongation de la transition et rien n’indique réellement que cela pose un problème pour le pays.

Si Goïta et les siens estiment qu’il est de bon ton d’améliorer la situation sécuritaire du pays avant d’organiser des élections, il est pourtant important de comprendre que ce n’est pas une si mauvaise idée car cela permettrait à une certaine partie de la population malienne de se sentir également du pays après plusieurs années d’exclusion.

En effet, le Mali ne contrôle qu’une infirme partie de son territoire, le reste est contrôlé ou sous influence des groupes armés djihadistes.

Le nord est laissé pour compte

Lors des législatives de 2020, seuls Bamako et ses environs ont véritablement connus de vote. Dans le centre et le nord du pays, les électeurs ont été dissuadés d’aller voter par des groupes djihadistes.

Cette même situation pourrait presqu’assurément se reproduire si des élections sont encore organisées sans impliquer ces parties du pays, en réglant la situation sécuritaire.

La CEDEAO le sait, mais son entêtement à faire organiser des élections en février comme insiste la fameuse communauté internationale sous l‘égide de la France, risque de détruire le Mali car la menace persistera avec encore plus de mécontents parce que laissés pour compte, et se retrouvera au point de départ malgré les sacrifices déjà consentis.

En sachant que les terroristes ne recrutent que parmi la population démunie et désespérée de ne pas pouvoir compter sur l’Etat central pour les aider à sortir de la précarité, il est important de faire en sorte que tous ces gens se sentent en sécurité et impliqués dans les affaires de leur pays, qu’ils se sentent maliens.

C’est à ce seul prix que la ressource humaine des terroristes va considérablement se réduire et ainsi, le Mali retrouverait progressivement la souveraineté de son territoire.

La CEDEAO des peuples ou de l’Occident ?

Il est important donc que le problème de sécurité soit la priorité des autorités maliennes et aussi des pays ouest africains.

La CEDEAO devrait plutôt se préoccuper d’apporter son aide au Mali pour régler le problème sécuritaire au lieu de se réunir pour ne rien sortir de concret et de convaincant.

Quelle différence y aurait-il entre une transition qui cherche de solution aux problèmes du pays, et un gouvernement élu qui pourrait faire la même chose ou recommencer avec les mêmes désordres dans la gestion ?

Envisager une autre alternative finalement, pourrait être une option car le Mali n’est pas que Bamako mai aussi Kidal, Gao, Tessalit, Mopti, Bandiagra et bien d’autres régions de non droit.

La nouvelle décision de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest laisse penser que cette organisation ne pense pas vraiment aux peuples ; mais plutôt à son propre image vu de l’occident et se fiche de ce qui se passe et se pense d’elle en son propre sein.

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