Cotonou (© 2021 Afriquinfos)- Le Bénin a rejoint ce jeudi la liste des pays africains qui autorisent l’interruption volontaire de grossesse (IVG), suite à un vote par l’Assemblée nationale d’une modification de la loi sur la santé sexuelle et la reproduction datant de 2003.

Pays d’Afrique de l’Ouest, le Bénin a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi la légalisation de l’avortement jusqu’à douze semaines de grossesse. Une décision qui ne fait pas l’unanimité dans ce pays très religieux.

Le droit à l’avortement gagne du terrain en Afrique. L’IVG était jusqu’à ce jour interdite dans le pays sauf circonstances exceptionnelles, comme lorsque la grossesse était la conséquence d’un viol ou d’une relation incestueuse ou en cas de risque pour la vie de la femme.

Désormais, l’avortement «peut être autorisé» à la demande de la femme enceinte jusqu’à douze semaines, «lorsque la grossesse est susceptible d’aggraver ou d’occasionner une situation de détresse matérielle, éducationnelle, professionnelle ou morale», selon la nouvelle loi.

Cette décision a été adoptée à l’issue d’un débat houleux au sein de l’hémicycle, certains députés ont même quitté la salle. Après le vote, le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a «salué la clairvoyance des députés», au cours d’un point presse. La légalisation de l’avortement va «permettre de soulager les peines de nombreuses femmes qui, face à la détresse d’une grossesse non désirée, se trouvent obligées de mettre leur vie en jeu», a-t-il déclaré, ajoutant : «Plusieurs familles continuent de pleurer la perte d’un enfant, d’une épouse, d’une mère partie tragiquement à la suite d’un avortement compliqué. Ces blessures sont irréparables. Pourtant, on peut bien éviter ce drame qui se joue sous nos yeux.»

La société civile n’en décolère pas !

Même si chaque année, près de 200 femmes meurent au Bénin (pays très religieux) des suites de complications d’un avortement, selon les chiffres du gouvernement, la mesure n’a pas été accueillie à l’unanimité. Elle a déclenché une levée de boucliers d’une partie de la société et notamment de la Conférence épiscopale du pays. Dans un communiqué publié la veille du vote de la loi, celle-ci affirmait que «la légalisation de l’avortement est la culture de la mort», et qu’il existait des «alternatives honnêtes et fiables pour remédier aux maux que l’on entend résoudre par la légalisation de l’avortement».

De son côté, le ministre a rappelé ce jeudi qu’il s’agissait d’une «mesure de santé publique dont l’unique objectif est de sauver des vies humaines». Allant dans la même optique, la militante féministe Faustine Adjagba s’est réjouie de la légalisation de l’avortement. «Il faut permettre aux femmes de choisir librement si elles veulent enfanter», dit-elle, ajoutant qu’il faut protéger les femmes «de tous les charlatans-avorteurs-cureteurs qui pullulent dans les villes et la campagne» et mettent leur vie en danger.

Vignikpo Akpéné 

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