EST-CE TROP DEMANDER?

La polémique de ces derniers jours qui a son origine au défilé du premier août m’exaspère. C’est à croire que depuis 2016, nous avons perdu le sens de la solidarité, de l’humanisme et de la décence dans l’exercice de la gestion de notre cité commune, le Bénin.

Ce n’est pas un débat, c’est la réalité, ladite opposition de notre pays, du moins celle qui est sur le terrain et qui se prépare aux élections législatives, est sur le point de passer en perte et profit les morts, les exilés, les prisonniers et le démantèlement du tissu social de notre pays a l’autel d’intérêts égoïstes et inavoués. Cela ne peut être nié, les loi, institutions et conditions qui sont la source de l’exclusion et de la répression n’ont pas changé.

Personne n’est contre la paix et l’accalmie politique dans notre pays. Mais il n’y a pas de raccourci vers la paix. Pour le moins, la paix doit prendre en compte tout le monde sans exception et la paix doit prendre en compte tous les maux qui ont été à l’origine des troubles et de la destruction de notre édifice démocratique.

Quand on est responsable et leader au service de l’intérêt général, il y a des compromis dans lesquels on ne se laisse pas emporter et nos « leaders » de l’opposition doivent s’en rendre compte. Nelson Mandela reste un modèle à cet égard.

On ne laisse pas ces partisans en prison (et encore moins la candidate porte flambeau de son parti en prison), on ne laisse pas ces partisans en exil et on ne laisse pas l’âme de ces militants morts en errance, pour se parader et défiler en public avec leur persécuteur, leur geôlier et leur bourreau pour quelque raison et intérêt que ce soit. Même au nom de la paix.

Par exemple, pendant des décennies, Nelson Mandela a négocié en secret avec Frederick de Clerk et n’a jamais été vu en public avec lui jusqu’à ce que tous les points d’achoppement soient éliminés et que des accords soient conclus pour la libération des prisonniers de l’ANC et que des réparations soient faites. C’est la posture d’un leader qui a à cœur, l’intérêt général.

Pendant les 52 jours du blocus de Cadjèhoun et leurs corollaires, le peuple béninois s’est constamment mobilisé autour du président YAYI, sur le terrain, dans la diaspora et sur les réseaux sociaux. Aucun des amis et partisans de YAYI n’est allé embrasser Talon et sa ruputure, ils ne sont pas allés traîner avec son geôlier à la Marina sous prétexte de négocier la levée de son blocus…

Pendant ces moments douloureux, les partisans de YAYI sont restés à ses côtés sans faute et ont fait preuve d’une loyauté sans précédent et d’une solidarité sans faille.

C’est cette loyauté et cette solidarité inébranlable dont il a lui-même bénéficié en cette période critique que ceux qui aujourd’hui s’insurgent contre sa posture exigent de lui à l’égard de tous les prisonniers politiques, y compris Aivo et Madougou, Metongnon, les morts et consorts…

C’est cette même loyauté et cette même solidarité dont YAYI a bénéficié pendant ses 52 jours de séquestration que ceux dont la voix élèvent aujourd’hui exigent de lui en retour à l’égard des exilés, tels que Léhady, Djènontin, Koutché, Rodriguez, Fatouma, Houngbadji…

Pour ceux qui ont la critique facile comme Bertin Koovi, il est important de se rappeler que nul été cette solidarité et cette loyauté agissante, il serait toujours dans sa cellule en Guinée Équatoriale.

Il ne s’agira pas de simplement sortir son épingle du jeu. Personne ne sera laissé pour compte. Nous rentrons tous chez nous, ou personne ne rentre chez lui.

Que tous les prisonniers politiques recouvrent leur liberté. Que tous les exilés politiques rentrent chez eux. Que justice soit rendue à nos compatriotes tués par balles. Que notre démocratie retrouve ses lettres de noblesse. Que les Béninois se retrouvent et se parlent pour tracer un nouveau chemin. Que l’injustice, l’arbitraire, la faim, la ruse et rage s’arrêtent. Voilà, entre autres, ce que demandent les Béninois.

Washington DC, le 16 août 2022
Omar AROUNA

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